En 1752, à sa requête, Antoine Otton vicomte de Flodorp, seigneur de Clabecq, obtint l’autorisation de l’Impératrice Marie-Thérèse d’Autriche, duchesse de Brabant, de reconstruire un moulin à farine sur la Sennette, à l’endroit d’une chute d’eau de 2,72 m de hauteur4. En effet, le seigneur du lieu se trouvait continuellement importuné par les habitants du village, au nombre d’environ 150 communiants, qui souhaitaient disposer pour moudre leur grain d’un moulin à eau qui ne soit pas trop éloigné. Avant la construction du moulin de Clabecq, ils se trouvaient dans l’obligation de parcourir une demi-lieue pour atteindre le moulin le plus proche. Et comme celui-ci venait souvent à manquer d’eau, il leur fallait régulièrement se déplacer à une lieue de distance de chez eux. Comme il n’y avait pas de moulin banal à Clabecq, les arguments avancés permirent l’octroi d’érection d’un moulin à eau à Clabecq, près du pont sur la Sennette (le texte de l’octroi donne à cette rivière le nom de Samme, nom que la Sennette à vraisemblablement porté anciennement). Ce moulin à moudre le grain sera finalement démoli vers 1889, après avoir coexisté pendant plus d’un siècle avec les Forges5.

Quelques années plus tard, en 1786, la transformation de ce moulin par l’adjonction d’une roue supplémentaire destinée à actionner un moulin à battre le fer donna naissance aux forges de Clabecq. Cette usine connaîtra une croissance soutenue durant toute l’industrialisation du XIXe pour devenir un fleuron de la sidérurgie belge. Petit hameau agricole, Clabecq s’urbanisa rapidement et vit fleurir les cités ouvrières.

Mais la vraie croissance des Forges arrive en 1850 et de là, on peut véritablement la considérer comme une usine. Son frère Charles-Henri Goffin (1827-1861) l’aida dans sa tâche et installa un laminoir et un raccordement au chemin de fer. En 1888, les forges deviennent une société anonyme. Actionnaires: familles Goffin, puis Matthieu, Moeremans.

Ce qui a favorisé le développement à cet endroit est donc le canal Bruxelles-Charleroi, la présence d’un début de forge mais aussi la présence de la chaussée allant de Mons à Paris. La présence du chemin de fer a aussi favorisé l’agrandissement des Forges. Malgré l’absence de matière première sur place, elle peut arriver grâce aux moyens de communication et tout de suite repartir pour le reste de la Belgique, vers la France, et vers le monde grâce à Anvers qui est un des plus grands ports mondiaux.

Depuis 1973, les conditions économiques de production de l’acier ont changé considérablement. En effet, si la production a augmenté rapidement depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, après le premier choc pétrolier, qui a entrainé une augmentation importante du coût des matières premières, cette croissance s’est quelque peu ralentie, avec d’importantes variations d’une année sur l’autre. Le complexe sidérurgique, qui comprend des hauts-fourneaux, des laminoirs, une coulée continue, une fonderie et une aciérie électrique, a compté jusqu’à 5324travailleurs en 1975. Mais la faillite qui suivit fut inévitable.