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Jadis, une des particularités de l’agriculture à Ronquières était l’élevage des dindons.

En 1905, la ferme située au pied du tienne à piérette était spécialisée dans l’élevage des dindons et des dindes. Cette ferme en possédait cent vingt-cinq.

L’Amérique s’appelait jadis les Indes Occidentales. Quand les espagnols y arrivèrent au 16eme siècle, ils y trouvèrent des volatiles étranges qu’ils admirèrent. Ne sachant comment les appeler, ils leur donnèrent le nom de « coq d’Inde », nom qui bientôt se mua en dindons.

Tous les seigneurs voulurent en avoir dans leurs parcs. Les seigneurs d’Enghien en ornèrent leurs propriétés. Les ronquiérois allaient souvent à Enghien, notamment pour le tir à l’arc. Ils y achetèrent des œufs à couver et, peu à peu, l’élevage du dindon se développa et prospéra, d’autant plus que la coutume des jachères, qui, chaque année, laissait en friche le tiers ce qui favorisa l’élevage.

C’est au début du 18eme siècle que nous constatons à Ronquières l’existence des troupeaux de dindons. Les cultivateurs devaient payer comme impôt la dime des dindons, c’est-à-dire un dindon sur dix. Le 22 octobre 1722, le curé Joseph Dessart attirait David Druet devant la cour scrabiale parce qu’il avait vendu son troupeau de dindons sans payer sa dime. En 1784, le curé Emmanuel Laurent intente un procès devant les échevins à Jules Loucx et à Jeanne Sempos parce qu’ils refusaient de payer la dime de leurs poules dindes.

Les dindons ronquiérois étaient tellement réputés que, souvent, les baux stipulaient comme rendage l’obligation de fournir chaque année un certain nombre de dindons. Ainsi, en 1753, le censier de Gottentieux devait payer à son propriétaire deux bons gros dindons et en 1810, le rendage fut porté à quatre couples. La valeur marchande des dindons ne nous est connue que pour la seconde moitié du 18eme siècle.

En 1780, Joseph Leloux de  Seneffe achète à Ronquières pour en faire l’élevage 70 dindonneaux qu’il paie deux escalins pièce. En 1787 Varone vend ses dindons au prix fixe suivant :

Un coq et une poule d’Inde à 1 florin 19 sous et 12 deniers.

Treize dindons à un florin trois sous pièce.

Quatre dindons à raison de un florin deux sous pièce.

Deux dindons à raison de un florin un sous pièce.

Les dindons, à la fin du 18eme siècle valaient donc en moyenne un florin et deux sous.

Bruxelles était le débouché où s’écoulaient les dindons de Ronquières. En 1760, Guillaume Coumont conduit à Bruxelles pour le compte de Nicolas Beauchef un troupeau de dindons. En 1787, Nicolas Sempos exploitait rue Surbise à Ronquières une petite ferme (actuellement exploitée par Aimé Lejeune) où nous trouvons un coq, une poule et 25 petits.

Au 19eme siècle, Ronquières les exportait encore à Bruxelles et Hubert Couniot racontait encore que dans sa jeunesse, il en avait encore conduit des petits troupeaux. (Fin du 19eme siècle).

L’élevage du dindon a disparu dans notre commune, mais on en trouve encore dans certaines fermes. A la libération en 1944, avant les fêtes de Noel, les anglais sont venus à Ronquières pour avoir des dindons de Ronquières afin de célébrer avec leurs troupes les fêtes de Noel.

Une très vieille carte poste de Ronquières qui semble dater du 19eme siècle. A l’avant-plan, les dindons de Ronquières qui ont fait la renommée de l’endroit