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La papeterie des Guilmot était en pleine activité au Pont à Lalieu et à Fauquez. La filature de coton, finie à Gueulo, était en plein déclin à Pied d’eau où Maximilien Hélin la maintenait avec peine. Qu’allait faire à Geulo le consortium Balsac Jamar ?

Le consortium Balsac Jamar

Télesphore Balsac et Pierre Jamar étaient des ouvriers qualifiés que l’ouverture du canal de Bruxelles à Charleroi et l’industrialisation de la vallée de la Samme avaient attirés à Ronquières. Poussés par l’esprit d’entreprise, ils rêvaient de spéculations fructueuses, d’où l’achat par eux des usines de Gueulo.

Télesphore Balsac était né à Ittre le 30 avril 1811. Vers 1840 il épousa Domitille Jaucot de Haut Ittre et vint s’installer à Ronquières, attiré par les industries qu’y installaient les Guilmt et les Hélin. Il s’installa au chevet de l’église dans une maison voisine de l’ancienne Hobette, appartenant aux Favresse et du pensionnat tenu par Sylvie Bomal.  C’est là que naquirent en 1844 Séraphin, qui épousera Elise Berteau, en 1846 Séraphine qui épousera Jules Maistriau, en 1851 Albine qui épousera Désiré Herman, en 1853 Séraphin qui mourut jeune et enfin Liévin qui épousa Zoé Decroly.

Télesphore était mécanicien et ajusteur. Il fut, sans tarder, embauché par Maximilien Hélin qui installait une filature à Pied d’eau. Il y devint bientôt contremaître puis sous-directeur. L’Atlas Popp le dit contremaître d’usine. Il acheta deux petites maisons de la rue Haute, les rebattit et en fit l’actuel casino et la maison dénommée « Bien Etre ». Ayant l’expérience des travaux de filature, il n’est pas étonnant qu’il ait repris celle  d’Étienne Denis.

Pierre Jamar, originaire de Baulers, était menuisier charpentier. Il vint s’installer à Ronquières vers 1840 et y épousa Philippine Minne. Il eut  huit enfants : Auguste, Camille, Couronné, Pierre, Vital, Clémentine, Zoé et Pauline.  Couronné qui épousa Eulalie Vanderbeck eut huit enfants. Zoé épousa Fernand Pourtois avec qui elle eut cinq enfants.

Pierre Jamar s’associa donc à Télesphore Balsac. Leurs familles nombreuses semblaient un élément de succès.

La cartonnerie de Gueulo

Sans trop d’hésitations semble -t’il, Télesphore Balsac et Pierre Jamar se décidèrent pour la fabrication du papier gris et du carton.

Ces sortes de papeteries étaient rares et Dewez, dans son dictionnaire de Géographie n’en connaissait qu’une en 1829. Le papier gris était donc une spécialité avantageuse dont l’espace vital était grand.

On évitait ainsi de concurrencer les Guilmot dont les papeteries de Pont de Lalieux et de Fauquez étaient en activité.

Quant à la filature de coton, ils ne la continuèrent pas parce qu’ils avaient compris l’impossibilité de concurrencer la grande industrie dans ce domaine.

La cartonnerie mise en marche dès 1861 fonctionna tant bien que mal pendant quelques années. Elle était en pleine activité en 1866 et les Balsac s’y réfugièrent pendant tout le temps que dura le choléra.

Mais le dualisme de la direction, l’insuffisance de capital roulant, le manque de liquidités, les retards apportés par les clients à payer les fournitures qu’on leur faisait mirent en difficultés les deux associés et les forcèrent à liquider leur entreprise. Lors de la liquidation, les immeubles furent attribués à Pierre Jamar qui continua à y vivre avec sa famille.

La ferme de Gueulo

Pierre Jamar transforma la papeterie de Gueulo en une petite ferme dont héritèrent ses deux fils Auguste et Camille. Ceux-ci restèrent célibataires et léguèrent cette petite ferme à leur neveu Arthur Pourtois, fils de leur soeur Zoé qui y mourut en 1951.

 

Abbé Georges Malherbe

Curé émérite de Ronquières