A découvrir dans ce chapitre
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Pays essentiellement agricole, Ronquières se caractérisait au XVIeme siècle par son industrie linière, sans être productive de lin et, c’est là un aspect bien intéressant de sa physionomie économique.

Le Rouge Lion ou la maison des Filtiers.

Le Rouge Lion est la plus vieille des firmes commerciales de Ronquières. Les grands filtiers locaux, les Denis et les Vanderelst l’habitèrent. C’est une maison à caractère historique.

Le Rouge Lion primitif

Le rouge Lion primitif au Xveme siècle s’étendait depuis la cure jusqu’au passage à gué du moulin. Il était limité d’une part par la rivière et d’autre part par le chemin conduisant à l’église. C’était un complexe d’exploitation agricole, de brassine de cervoise, de brassine de brandevin, de guinguette et de maisons de commerce. Ce coin était déjà alors le plus commercial de Ronquières.

Les deux Rouges Lions

A la fin du XVIIeme siècle, par suite de ventes, d’héritages et de partages, le Rouge Lion se scinda en deux. Celui qui voisinait le moulin passa aux Druet, puis à Renelde Druet qui épousa André Vanderelst, puis à son fils Jean-Joseph Vanderelst qui fut boutiquier et filtier. Celui qui voisinait l’église et la cure passa à Jacques Williot. Le nom de Rouge Lion leur resta commun.

Le Rouge Lion de Jacques Williot.

En 1700, Jacques Williot habitait le Rouge Lion avec sa femme Jeanne Populaire qu’il avait épousée en 1699. Ils n’eurent qu’un enfant, Marie Françoise Williot. Ils exploitèrent le Rouge Lion avec quelques bonniers de terre et quelques bêtes à cornes. Selon toute vraisemblance, les femmes occupaient leurs loisirs à tisser le lin. Jacques Williot donna sa fille en mariage à jean-Philippe Denis qui s’installa au Rouge Lion et associa son activité à celle de son beau-père. Il sera lui aussi filtier et ses fils se spécialiseront dans les affaires linières.

Le Rouge Lion de Jean Philippe Denis

C’est en 1751 que Jean-Philippe Denis épousa Marie-Françoise Willot et c’est au Rouge Lion que naquirent leurs cinq fils et leurs quatre filles.

  • Marie Jeanne naquit le 7 aout 1751. Elle épousa Louis Maro et mourut en 1794 ;
  • Etienne naquit le 7 mai 1754 et mourut prématurément ;
  • Etienne naquit en mai 1755. Il épousa Marie Fauconnier en 1794 ;
  • Jean-François naquit le 11 octobre 1757 ;
  • Catherine naquit le 17 octobre 1759. Elle resta célibataire et vivait avec sa mère en 1794 ;
  • Noel naquit le 24 décembre 1761 et mourut célibataire en 1787 ;
  • Jean Joseph naquit le 15 septembre 1764 et mourut en bas age ;
  • Marie Joseph naquit le 24 septembre 1765 et épousa Jacques Draguet qui, en 1774, était brasseur de brandevin au Rouge Lion.

Jacques Williot mourut de bonne heure et Jean Philippe Denis resta à la tête du Rouge Lion qu’il dirigea avec sa femme. Il mourut le 24 avril 1778 après 27 années de mariage. Marie-Françoise restait veuve avec sept enfants : Jeanne qui avait 26 ans, Etienne qui en avait 23,  Jean François 21,  Catherine 19, Jean-Joseph 15 et Marie Joseph 14.

Pendant seize ans Etienne fit fonction de chef et dirigea les affaires qui semblent avoir été très prospères ainsi que le montrera l’arrentement de 1794. Il attendit pour se marier que ses frères et soeurs fussent placés. C’est alors que Marie-Françoise Willot arrangea ses affaires pour stabiliser la situation de son fils ainé.

Le Rouge Lion d’Etienne Denis

Étienne Denis avait 37 ans quand, en 1794 il épousa Marie-Joseph Fauconnier de Braine-Le-Comte. De ce mariage naquirent deux enfants, Etienne François en 1796 et Victoire en 1802. Marie-Françoise profita du mariage de son fils pour arranger ses affaires.

Pour une rente annuelle de 150 florins, elle arrenta à son fils Etienne Denis et à sa belle-fille Marie-Joseph Fauconnier la propriété du Rouge Lion. La rente était redimible au denier 25 ce qui représente un capital de 3750 florins. Et, en vue de stabiliser les arrangements ainsi conclus il fut stipulé que le rachat pouvait s’en faire qu’une fois par le remboursement du capital entier.

Etienne Denis devenait ainsi propriétaire du Rouge Lion et des affaires qui s’y rattachaient.

Le fait suivant va nous permettre de nous faire une idée de ce que représentait alors un capital de 3750 florins.

A peu près à la même époque Alexis Havaux, quittant la ferme cistercienne d’Haurut vendit pour 4000 florins à son remplaçant André Detournay le mobilier agricole et le cheptel de son exploitation agricole composé comme suit : douze chevaux de trait, dix cochons, deux cent moutons, un troupeau de poules, quatre chariots, un char à bancs, un tombereau, six charrues, quatre herses et quatre binoirs.

La somme de 3750 florins et celle de 150 florins représentaient donc un capital considérable et soulignaient la prospérité économique des bénéficiaires de l’arrangement.