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A partir de l’an mille et jusqu’au 13eme siècle, on constate un accroissement de la population et une période active de développement par le défrichement. Les seigneurs, pour retenir les manants dans leurs domaines, accordent des « chartes », lois assurant certaines garanties à la population. Ils cèdent à leurs manants, en pleine propriété, moyennant redevance annelle modérée des terres appelées « mainfermes ». Notamment à Ronquières, dans le bois de la Houssière et les Bruyères, tout à l’est du territoire depuis Henripont jusqu’au vivier Hocquet, près de la bruyère de Virginal.

Les terres défraichies au départ d’Henripont furent connues assez longtemps sous le nom de terres des sarts.

Le chemin crée pour faciliter l’exploitation s’appelait alors le « chemin des sarts ». Au début du 19eme siècle, il devenait  « ruelle des Morts » pour faire place avant 1940 à la dénomination « chemin du paradis ». De nos jours, il est prolongé et s’appelle « chemin du servoir ».

Au Nord du territoire voisinant, depuis le bois de la Houssière jusqu’au Croiseau, avec ma seigneurie de Fauquez dont il était séparé par le chemin du renau, permirent la construction de fermes qui furent localisées dans les lieux-dits :

  • Vivier Hocquet, voisin du planti d’Enghien, annexe Ronquières du bois de la Houssière
  • Al’vau, à proximité de Fauquez, rive gauche de la Samme
  • Rive droite de la Samme  sur les champs Contiemont.

De l’exploitation de ces terres, deux bonniers passent aux pauvres de Ronquières. A l’intérieur de ces terres commence à se former le hameau de Pied d’eau.

Vers l’est, c’est dès cette époque que le hameau de Rombise commence à se former au confluent de la Samme et du ruisseau venant d’Ecaussinnes et se nommant la Marche. On ne l’habitat pas avant la création du rocher dit « La Roncheraie » où se trouve l’église actuelle.

Il est possible que ces constructions doivent être attribuées à Saint Ghislain ou à Cambron, sur la « dos ecclesiae ». Cette petite agglomération s’est rapidement installée à côté de l’église, du presbytère et du moulin. Ce sont toutes les vieilles demeures du village et de la rue Haute.

Les habitants de  ces maisons étaient des charpentiers, des scieurs en long et des bosquillons ; Ils trouvaient leurs moyens de subsistance dans les travaux agricoles, les bois de la Houssière et les plantis ronquiérois d’Enghien. Il n’y avait que quelques maisons éparpillées ci et là.

Au 13eme siècle, le seigneur d’Enghien fit construire près du moulin de pied d’eau une demeure.

C’est à partir de ce même siècle que le défrichement et les cultures se poursuivront plus activement au cours des siècles.

Au 18eme siècle, ils portèrent encore sur une centaine de bonniers et  au 19eme siècle sur 250 bonniers.

Il est probable que Ronquières est venu aux mains des seigneurs d’Enghien à la suite du mariage vers l’an 1200 d’un Englebert, seigneur d’Enghien avec Adeline d’Audenarde, mariage mentionné par plusieurs auteurs et généalogistes. La mariée avait apporté Ronquières en dot.

Quoi qu’il en soit, désormais et jusqu’à la fin de l’ancien régime (décret du comité de salut public du 14 fructidor an III 31 08 1795) Ronquières était lié à la Seigneurie d’Enghien, quels que furent ses maitres qui, par alliance ou par achats en devinrent les seigneurs au cours de siècles.

D’un autre côté, par rapport à ses dépendants ronquiérois, les seigneurs d’Audenarde et puis ceux  d’Enghien ont dû respecter la situation requise à savoir :

  • L’abbaye de Cambron conservait la large justice ou la justice foncière
  • Les bénéficiaires des fiefs ( Oisquercq, Escaille, Les Bruyères) conservaient aussi la justice foncière avec cour féodale.  La cour féodale d’Enghien, installée à Rebecq s’y opposa en instance d’appel. Elle-même était soumise à la cour de Lothier à Genappe et à la cour féodale de Brabant.

A son arrivée à Ronquières, le seigneur d’Enghien installa le siège de son activité au hameau de Pied ’eau plutôt qu’au centre du village, centre  fortement marqué par l’emprise de Cambron avec sa « dos ecclesiae ». Il fit construire sur la Samme un moulin et un tordoir. Ils resteront en activité jusqu’au moment où le seigneur Pierre de Luxembourg racheta le moulin du village.

C’est pour l’accès à ce moulin que le pont de briques de Pied ‘eau fut construit.  Il existe toujours mais ne sert plus que pour l’accès à la prairie voisine.

Il exploita aussi un grand vivier avec des réservoirs à poissons, vivier alimenté par le ruisseau du Servoir.

Au 16eme siècle, le vivier fut transformé en prairie et, de nos jours, une partie est redevenue un vivier.

De Pied ‘eau, par le chemin des postes, le tienne du poste et le Charly des bois, le bois de la Houssière on arrive à Enghien. Un deuxième chemin rejoindra Pied ‘eau à l’église, c’est le chemin de Ferbise. Pied ‘eau était le second grand centre de Ronquières après le centre de l’église et le moulin.