Dernière mise à jour :
04 novembre 2011
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Fauquez





Fauquez doit son essor et sa renommée à un homme : Arthur Brancart. Né à Thulin en 1870, il devint apprenti verrier à l’âge de 15 ans. Le jour, il travaillait et le soir, il suivait des cours de décoration artistique à l’Académie de Mons. Il perfectionna son art en s’expatriant pendant 2 ans en Pologne. Repéré par Emile Delcommune, administrateur de la SA Verrerie de Fauquez, il revint au pays et entreprit de redresser la gestion déficitaire de l’entreprise.
C’est en 1919 que sa géniale invention « La Marbrite » fit de la société verrière une des plus importantes industries du pays. (La marbrite : sorte de verre opacifié au maximum, ressemblant au marbre et décliné en de nombreuses couleurs : bleu, vert, bordeaux, noir, saumon utilisé dans le style Art Déco).
Le développement des verreries fut tel que la main d’œuvre belge n’était pas suffisante. C’est ainsi que bon nombre d’ouvriers et d’ouvrières proviennent d’Italie, de Hollande, d’Afrique du nord. Dès leur arrivée à Fauquez, une maison leur était réservée pourvue d’eau et d’électricité. Arthur Brancart, était un précurseur en matière de protection sociale. Il instaura une véritable société qui se suffisait à elle-même. Les habitants vivaient en autarcie avec la création :
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d'un cinéma / salle de fête (dont la façade toujours existante constitue un véritable témoin de ce passé révolu)
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plusieurs quartiers de maisons ouvrières
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d'une chapelle (la chapelle Sainte-Lutgarde)
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Soucieux du bien-être de ses ouvriers, Arthur Brancart organisait régulièrement des voyages « en vue d’éveiller les ouvriers au monde extérieur ».
Mais, toute bonne chose ayant une fin, le procédé de fabrication de la marbrite fut copié par les anglais, qui en étaient les principaux importateurs. La chute de « l’empire » fut progressive. Après avoir compté plus de 3000 ouvriers, avoir été reprises par les enfants d’Arthur Brancart, les verreries de Fauquez fermèrent définitivement leurs portes en 1979.
Des fastes d’un château … aux impératifs du développement.
Le seigneur de Fauquez, Paul Oeghe de Berlaer, fit fortifier le château de « Faucuwez » au temps de Maximilien d’Autriche. En 1488, le château fut assiégé et pillé par les Bruxellois.
Au 16ème siècle, le château et sa chapelle furent à nouveau incendiés car la famille de Rifflart, qui possédait le territoire, était restée fidèle à Philippe II.
Parmi les familles les plus importantes ayant possédé le territoire de Fauquez, citons les familles d’Ittre, d’Enghien et de Herzelles. Fauquez acquit le rang de Marquisat, en 1703. Connut des personnages illustres et obtint de la sorte une renommée ainsi qu’une influence certaine. Nous ne pouvons évoquer l’histoire du château de Fauquez sans parler d’Ambroise-Joseph de Herzelles, 3ème marquis de Fauquez, nommé, par l’impératrice Marie-Thérèse, Surintendant et Directeur général des Finances et Domaines des Pays-Bas. Le château connut alors une surabondance d’activités. Des nobles de tous horizons se réunissaient à Fauquez pour des repas et des fêtes dignes des plus grandes cours d’Europe.
Cependant, de la gloire de ce prestigieux passé, il ne reste plus rien, même le souvenir de l’existence d’un château se perd : celui de Fauquez fut démoli lors de l’élargissement du canal Charleroi – Bruxelles en 1964.


Le canal de Charleroi à Bruxelles, à l’entrée de Fauquez. La vue porte vers Bruxelles.
Cette photo ainsi que les deux suivantes ont été prises du même endroit, en regardant
dans la même direction à des époques différentes.
Les deux maisons qui bordent le vieux canal ont été rasées lors de la construction
du canal actuel.
Le pont métallique avait été détruit au début de juin 1940 et n’a jamais été reconstruit.
Cette photo ressemble beaucoup aux précédentes avec une différence de taille : l’apparition
des verreries de Fauquez . Cette photo est donc plus récentes que les trois précédentes.
L’usine de marbrite qui fit la renommée du village. L’usine de marbrite ferme ses
portes en 1964. Seul le secteur des verres creux maintient ses activités au delà
des années 1970. Il sera vendu aux Bouteilleries belges réunie, en 1972. Sa cession
en 1974, à la Société Verlipack annonce la fin de la production verrière
Le quartier Maroquain. Qui existe toujours. L’élargissement du canal au début des
années 1960 a conduit à la démolition de quelques maisons.
L’ancienne entrée des usines
L’ancienne école des garçons et la cour de récréation.
L’arbre de mai, à l’entrée du village qui, dit-on, aurait-été planté par Napoléon
Bonaparte lui-même.
La rue principale de village au début du 20eme siècle. On aperçut dans le fond, sur
la gauche, la chapelle de verre
L’intérieur de l’ancienne salle des fêtes. Il n’en reste plus rien. C’est dans une
salle comme celle-ci que nos anciens découvraient les films de Laurel et Hardy ou
de Charlot...
Vous avez vu le piano au pied de la scène?
Autrefois, le hameau de Fauquez était facilement accessible en train ou en tram comme
en témoigne cette photo qui date de l’immédiat après guerre. Le dernier tram a circulé
ici le 31 octobre 1954.