Les lois du 4 août 1879 et du 26 août 1880, relatives aux canaux houillers du Hainaut, prévoyaient conjointement l’élargissement du canal de Charleroi à Bruxelles et la construction d’un canal reliant Mons aux embranchements du canal de Charleroi.

La réalisation de ce canal devait favoriser non seulement le district du Centre mais également ceux de Mons et de Charleroi, avec la possibilité de conquérir de nouveaux marchés. Ainsi les exploitants de Mons et du Centre visaient-ils les marchés des bassins de l’Aisne, de l’Oise et de la Seine via la liaison Sambre et Oise,  livrée à la navigation depuis 1838 et dont Charleroi profitait déjà. Au contraire, les industriels du “pays noir” éprouvaient, quant à eux, le besoin d’une communication facile vers Tournai et les Flandres. Tout le monde devait ainsi tirer profit d’une voie réunissant les deux grands bassins de la Meuse et de l’Escaut, la jonction étant déjà réalisée, plus au nord, par le canal de la Campine.

Pour cette nouvelle voie de communication, trois projets de canaux et un projet de chemin de fer, avec proposition d’exécution par concession de péages, furent présentés.

1. Projet de canal de Mons à la Sambre, par la vallée de la Trouille, proposé par VAN DER ELST, en janvier 1835.

2. Proj et de chemin de fer du Flénu à Haumont, établi par A. VIFQUAIN (il s’agit d’Alexandre VIFQUAIN, frère de J.-B. VIFQUAIN) et proposé le 23 juillet 1835 par Frédéric BASSE.

3. Projet de canal de Mons à la Sambre, par la Haine méridionale, présenté par DUBOIS-NIHOUL, le 18 novembre 1840, retiré par l’auteur pendant la réunion de la commission d’enquête.

4. Projet de canal de Mons aux embranchements du canal de Charleroi, par la Haine et le Thiriau, proposé par A. VIFQUAIN le 9 février 1841.

Nous ne nous étendrons pas sur les multiples péripéties qui jalonnèrent la réalisation de ce canal. Pour mémoire, nous retiendrons seulement le dépôt de deux projets très intéressants, l’un de MISALLE, beau-fils de A. VIFQUAIN, daté du 10 janvier 1861, l’autre de DUBOIS-NIHOUL du mois de décembre 1860. Tous deux proposaient un canal à grande section.

Ils étaient encouragés en cela par les grands gabarits du canal de Mons à Condé et du canal de Pommeroeul à Antoing ainsi que par la mise à grande section des 8 premiers biefs du canal de Charleroi sur le versant de la Sambre, ces derniers travaux ayant été achevés en 1857.

Le nouveau canal, appelé “canal du Thiriau” ou plus généralement “canal du Centre”, fut donc commencé en 1882 et terminé en …. 1917.

En effet, alors que l’inauguration du canal sur toute sa longueur s’annonçait pour fin 1914 ou début 1915, le montage des parties métalliques des ascenseurs étant en cours, la guerre de 1914 éclata.

L’autorité allemande, comprenant l’utilité de ce canal tant pour l’industrie que pour sa stratégie, poursuivit, pendant les premières années de la guerre, la construction des ascenseurs. C’est en novembre 1917 que les premiers bateaux firent la jonction du canal de Charleroi au canal de Mons à Condé la liaison Sambre-Escaut était enfin réalisée.

Son gabarit était de 300 tonnes. Son tracé suivait la Haine et le Thiriau, en partant de Goegnies, au point de bifurcation des embranchements du canal de Charleroi, pour aboutir au canal de Mons à Condé à l’amont de la première écluse.

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