Dernière mise à jour :

30 décembre 2015

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DEPUIS 1968

Pour éviter que le sang, la sueur et le savoir de nos pères ne sombrent dans l’oubli. La gare de Braine Le Comte Braine Le Comte

La gare de Braine Le Comte est située sur la ligne 96. Elle a été mise en service le 31 octobre 1841.

La gare de Braine-le-Comte fut bâtie en 1841 sur la ligne Bruxelles-Mons par monsieur Denis qui était le père d'Hector Denis. Quant à la place René Branquart, elle tient son nom du docteur Branquart qui fut bourgmestre de Braine-le-Comte de 1922 à 1927.

La gare de Braine Le Comte, assez largement préservée depuis lors, peut ainsi s'enorgueillir d'être l'une des plus anciennes du monde.

Ce qui ne veut naturellement pas dire qu'il ne lui soit jamais rien arrivé ! Un fait marquant est certainement le bombardement qu'elle a connu à la fin de la seconde guerre mondiale.

A la base de Boxted dans le sud de l'Angleterre en ce 15 aout 1944, une seule attaque est prévue. Son objectif, les installations ferroviaires de Braine-Le-Comte et en particulier les ateliers de réparation de matériel roulant. Leur destruction porterait un coup sérieux à l'effort de guerre allemand car c'est le plus souvent par chemin de fer que les renforts sont envoyés vers le front. La proximité relative de Braine-Le-Comte , à environ 250 kilomètres, va permettre aux Thunderbolt d'emporter un maximum de bombes.

35 appareils sont disponibles mais deux sont déclarés non opérationnels en dernière minute. Ce sont donc 33 P47 qui attaqueront la Ville.

Il est 12H30 dans la ville.

Depuis quelques mois, les Brainois redoutent le bombardement des installations de la gare. Braine Le Comte est un noeud ferroviaire important et donc, un objectif tout indiqué. En ce jour de l'Assomption, on essaie de se détendre un peu malgré les appréhensions et une impatience grandissantes. La libération aura t'elle lieu un jour? Cela fait maintenant plus de deux mois que le débarquement a eu lieu en Normandie mais les combats semblent s'y éterniser.

Soudain, en plein midi, le bruit caractéristique d'avions volants à basse altitude est entendu. En moins de deux minutes, cinq appareils effectuent une longue passe de mitraillage. Un témoin de la scène certifie qu'il s'agissait de P-38  Lightning. Tout se passe tellement vite que seuls les riverains de la gare et le personnel de service réalisent de quoi il s'agit. Les alliés ont visé juste et des dégats sérieux sont infligés aux locomotives et aux wagons rangés sur les voies de la gare de triage. Par chance, il n'y a pas de victimes.

C'est donc avec beaucoup de soulagement que les Brainois constatent que l'attaque tant redoutée n'a atteint que la gare.

16h30.

Quatre heures plus tard, ils doivent changer d'avis. Le mitraillage de 12H30 n'a été qu'une attaque d'opportunité et le premier des deux bombardements soigneusement mis au point va bientôt commencer.

A 16H35, les premiers P-47 piquent sur la gare et les bombes se mettent à pleuvoir, et pas uniquement sur les installations ferroviaires. Le fracas des explosions affole la population toute entière qui cherche refuge dans des caves et les abris.  Le raid se poursuit pendant près d'une demi-heure.

Aux bombardements succèdent les mitraillages et ce n'est que vers 17H10 que le bruit des moteurs s'estompe définitivement. Les avions laissent derrière eux des morts et des blessés.

Seule trace encore visible de nos jours de ce raid dévastateur : la gare a perdu sa grande et majestueuse halle qui ne sera jamais reconstruite.


Pour en savoir plus, lire l'excellent "Le courage et l'espoir, le liberator de Ronquières 1944-1945" de Willy Félix.