Ecuyer, seigneur d’Oisquercq, Del Val et d’Offembais.
Ce dernier seigneur de la maison de Viron fut un personnage assez remarquable.
Et d’abord par sa longévité, puisqu’il mourut en 1787, sans doute presque nonagénaire. Il pourrait être né vers 1700 ; il est encore mineur au 18 février 1719.
Ayant survécu à ses frères et sœur, morts sans descendance, il avait fini par concentrer entre ses mains l’ensemble des biens paternels et maternels. De plus, il acheta pour 9.000 florins, le 9 décembre 1743 les deux derniers des quatre cinquièmes de la seigneurie d’Oisquercq attribués aux Borluut lors de la succession d’Engelbert d’Ailly (voir plus haut). Par suite du mariage de Madeleine-Louise Borluut avec Albert-Joseph de Dongelberg et du décès de celui-ci, ces deux derniers cinquièmes étaient échus à la sœur d’Albert : Albertine-J.-J.-F de Dongelberg, marquise de Rêves, chanoinesse à Munsterbilsen. Charles-Maximilien en fait relief à Braine-l’Alleud le 13 décembre 1743 et à Rebecq le 10 juillet 1752.
Ensuite, après diverses démarches, entamées en 1756, et qui aboutirent en 1767, il obtint l’accord de l’impératrice Marie-Thérèse du 6 mars 1767, et un acte de Charles de Lorraine, du 15 avril 1767, pour acquérir «en propriété » la haute justice dans sa seigneurie. Il en fit relief à Bruxelles le 4 mars 1769 après avoir, au préalable, le 11 février précédent acquitté quatre reliefs arriérés de l’engagère achetée, le 10 août 1630, par Maximilien de Viron. Outre ces biens, il acquit encore la seigneurie d’Offembais comprenant cinq fiefs relevant de l’abbesse de Nivelles et des allodiaux sous la juridiction de Rebecq. Il fit relief des uns à Nivelles le 19 juin 1745 et réalisa les autres devant la cour échevinale de Rebecq le 27 octobre 1745.
Pendant un certain temps, Charles-Maximilien fut au service du prince Charles de Lorraine en qualité de, suivant son expression, « gouverneur et châtelain du château royal et parc de Tervueren » le 17 avril 1749 il promet de céder ce poste à son frère François-Joseph.
Il avait épousé, le s mai 1745, à Gand (St-Michel-Sud) (contrat du 24 avril 1745) Marie-Françoise de Guernonval, veuve de Philippe de Briarde, seigneur de Beauvoorde dont elle avait eu plusieurs enfants. Cette dame était la nièce d’Antoinette-Jacqueline de Guernonval qui avait épousé Lambert-Maximilien de Viron.
Elle mourut à Gand le 15 mars 1751 et fut inhumée chez les Dominicains.
En 1777, il contracta une deuxième union avec Marie-Anne- Emilie vicomtesse Desandrouin de Castillon dans des conditions assez curieuses : le mariage devait rester secret provisoirement et l’épousée continuerait à vivre chez sa mère. Cette union ne fut pas heureuse : dès le 30 juin 1778, les époux sont en difficultés à propos d’un héritage de l’épouse et quelque temps après le Grand Conseil de Malines doit prononcer la séparation de corps et de biens.
C’était fait dès avant le 11 septembre 1784 sauf obligation de payer à Madame de Viron un douaire annuel de 2000 florins. Il est probable qu’un emprunt de 61.000 florins contracté par Charles-Maximilien le 3 juin 1780 était destiné à régler les conséquences financières de cette séparation ; emprunt qui ne fut remboursé que par un autre emprunt de 61.230 florins contracté le 27 décembre 1786 , suivi le jour même d’un deuxième, de 10.000 florins.
Cette vie mouvementée et aussi, semble-t-il, son état de santé assez précaire, 1e décidèrent à faire un premier testament, le 15 novembre 1764 par lequel
- il instituait pour son héritière la dame de Colins, sa belle-soeur, veuve depuis 18 jours de François-Joseph de Viron ;
- il voulait être inhumé à Gand, chez les Dominicains, dans la sépulture de la famille de Briarde de Beauvoorde.
Puis, par son contrat de mariage avec sa deuxième femme, le 10 janvier 1777, le dernier survivant devenait le légataire universel. Ensuite, par codicille du 20 octobre 1778, il déclare vouloir être inhumé, soit chez les Dominicains de Bruxelles s’il meurt à Bruxelles ou dans les environs, soit dans l’église d’Oisquercq s’il meurt dans cette commune. Enfin, par son dernier testament, du 21 août 1786, il lègue ses biens au comte de Trazegnies, marquis d’Ittre et veut être inhumé dans le cimetière N.-D. de Laeken.
Charles-Maximilien était mort le 4 juin 1787, vers le soir, dans 1’hôtel qu’il habitait rue d’Arenberg, paroisse de Sainte-Gudule.