Né à Tournai le 24 juin 1789, Jean-Baptiste Vifquain entre à l’armée _française le 13 avril 1808. Après avoir pris part en 1809 à la campagne d’Autriche,-son régiment est envoyé en occupation en Hollande en 1810.
Pendant ces longues attentes, J.-B. Vifquain étudie les mathématiques et, en 1812, réussit l’-examen d’admission à l’Ecole Polytechnique à Paris, où il fait de brillantes études. Il reçoit son diplôme d’’ingénieur le 31 octobre 1814, bien qu’ayant pris part à la -défense de Paris du 21 janvier au 2 mai 1814; il avait été nommé lieutenant, avait été blessé au combat de Nangis et avait reçu la Légion d’Honneur pour sa conduite valeureuse. De retour en Belgique, il devient inspecteur de l’octroi à Tournai du 1″ décembre 1814 à juin 1815.
Le 7 juillet 1815, J.-B. Vifquain se précipite à Bruxelles, est engagé au Waterstaat, et le roi Guillaume 1er lui demande un projet de monument à Waterloo. Il propose une pyramide qui eût été acceptée sans l’intervention de Vanderstraetén qui la remplace par un cône.
En réponse au concours organisé par le roi Guillaume pour le démantèlement des murailles de Bruxelles, il remet un projet avec plans et devis. Le 10 janvier 1819, il est proclamé lauréat, et on s’inspire-de ses plans pour l’exécution de la petite ceinture.
J.-B. Vifquain accomplit également une œuvre architecturale considérable : création de la porte de Schaerbeek, construction de la place des Barricades, de sa maison rue Royale, devenue le couvent du Gésu, des immeubles autour du théâtre de la Monnaie, de l’hôpital et de l’hospice de Tirlemont.
Au point de vue urbanistique, il prolonge en 1828 la rue Royale du Treurenberg jusqu’à la place de la Reine; en 1833, il la prolonge par la rue des Palais pour faciliter les déplacements de Léopold Ier entre Bruxelles et Laeken. En 1841, il prolonge la rue Neuve jusqu’au boulevard pour faciliter l’accès au centre de Bruxelles car il venait de faire déplacer la gare de l’Allée Verte à la place Rogier.
De 1820 à 1823, il fait l’étude du canal de Pommeroeul à Antoing. Celui-ci est construit sous sa surveillance de 1824 à 1826.
De 1823 à 1827, il fait l’étude du canal Bruxelles- Charleroi et le réalise de 1827 à 1832, malgré les difficultés rencontrées sur le terrain, le percement d’un tunnel de 1283 mètres et l’installation de pompes à vapeur pour l’alimentation en eau à partir -de rivières voisines. On notera que pour l’évacuation des déblais, on .fit, à partir de 1825, les premières applications en Belgique de chemins à ornières en fer à traction chevaline.
Pendant ces travaux, en 1824, à Bazel, il construit le premier pont en fer de Belgique.
Faisant fonction d’inspecteur général des Ponts et Chaussées, il participe aux discussions relatives à la création du réseau ferré belge, le premier au monde à réunir des centres industriels et commerciaux aux ports maritimes.
Il préside au développement du réseau de transport routier, fluvial et ferré.
Il étudie particulièrement les voies d’eau et améliore considérablement le réseau hydrographique belge. En 1842, il_ publie un ouvrage remarquable; de 500 pages : « Des Voies Navigables en Belgique».
Ce bourreau du travail s’épuisa à la besogne, et le 16 avril 1846, il était mis à la retraite pour-motif de santé.
Le 31 août 1854, il meurt privé de raison à Ivry sur Seine, dans un établissement du docteur Esquirol.
