Georges Warocqué (1860-1899)
Né à Morlanwelz le 29 octobre 1860, Georges Warocqué fit ses humanités à l’athénée d’lxelles. Diplômé de l’École militaire, il fut nommé sous-lieutenant au 1er régiment de chasseurs à pied en garnison à Mons.
En 1882, il épousa Jeanne Parmentier, fille d’un très riche marchand de tissus et peu après, eut la douleur de perdre un bébé.
Il quitta l’armée pour suivre les traces de son père. Il devint membre de la Chambre des représentants lors des élections législatives de 1886, mais il n’y joua qu’un rôle effacé, se contentant de quelques interventions peu importantes, ce qui ne l’empêcha pas d’être réélu en 1890 et en 1894. Désigné comme bourgmestre de Morlanwelz en 1887, il inaugura les nouveaux locaux de l’École industrielle et d’écoles gardiennes dans divers hameaux. Il salua avec plaisir la construction du nouvel hôtel communal, l’extension des chemins de fer vicinaux jusqu’à Morlanwelz, la transformation de l’hospice Louise en hôpital, I ‘ouverture de nouvelles rues, notamment la rue Arthur Warocqué et la Nouvelle Avenue qui s’appellera plus tard la rue Edmond Peny.Il se signala aussi par sa générosité et par son intérêt pour les œuvres sociales et philanthropiques.
Mais il dut faire face aux grèves violentes de 1886 au cours desquelles il y eut, près de la fosse du Placard, deux tués et plusieurs blessés, puis à celles de 1887,1888 et 1893. Il fit appel à l’armée et à la gendarmerie puis organisa la garde civique pour maintenir l’ordre, protéger les ouvriers non-grévistes et éviter les attentats à la dynamite.
Il devint aussi administrateur-délégué des charbonnages de Mariemont et de Bascoup en 1886, alors que Lucien Guinotte, qui dirigeait ces charbonnages depuis la mort d’Arthur Warocqué, recevait le titre d’administrateur-directeur général. Tous deux purent compter sur l’intelligente collaboration d’hommes brillants comme Edmond Peny et Julien Weiler qui jouèrent un rôle important dans les institutions sociales de ces sociétés.
- Peny s’intéressa aux habitations ouvrières et au système de pensions et de mutualités, tout en aidant G. Warocqué dans la gestion de la commune. Julien Weiler, prenant exemple sur ce qui s’était fait en Angleterre, put établir dans les charbonnages des Conseils d’arbitrage et de conciliation afin de prévenir et de régler les litiges entre les ouvriers et la direction ; il organisa aussi la Société d’ instruction populaire de Morlanwelz et des communes avoisinantes afin d’éveiller et de développer dans le peuple le goût de l’instruction.
Durant cette période de 1880 à 1900, la production de Bascoup fut toujours supérieure à celle de Mariemont. Elle dépassa les 500.000 tonnes en 1883 et les 600.000 en 1889, alors que celle de Mariemont restait toujours inférieure à 500.000 tonnes.
En 1886, Madame Arthur Warocqué décida de partager entre ses deux fils une partie de l’héritage de son mari. Georges put disposer en pleine propriété de biens estimés à 2.682.631 F, plus 180 actions de Mariemont et 284 de Bascoup, alors qu’il avait reçu, comme cadeau de noces de sa grand-tante Mélanie Hamoir-Warocqué, une ferme de 38 hectares à Bellecourt, et qu’il hérita, en 1886, de la moitié de sa fortune, représentée notamment par 911.000 F de rentes belges, 360 actions nouvelles de Bascoup et 784 de Mariemont, sans compter d’autres actions dans des sociétés françaises et quelques centaines d’hectares de terrains.
Il se passionna pour les orchidées et dépensa des sommes importantes pour constituer la plus belle collection de Belgique, dont on peut juger de la qualité grâce aux albums peints à l’aquarelle par F. de Tollenaere et A. Goossens.
Joueur et libertin, il dilapida ses héritages en peu de temps. En 1892, déjà engagé par des emprunts dépassant les 5 millions, il se trouva harcelé par des créanciers qui menaçaient de faire vendre les biens restés en indivision, comme le château de Mariemont.
Sa mère et son frère contractèrent un emprunt de 2.500.000 F à la Caisse générale d’Épargne et de Retraite, vendirent une partie de leurs biens pour payer ses dettes, mais il dut céder à celui-ci pratiquement toutes les propriétés qu’il détenait tant en pleine qu’en nue-propriété, étant assuré toutefois d’une rente annuelle appréciable. Mais il continua à jouer, si bien qu’il détruisit son foyer et qu’il fut placé sous conseil judiciaire en 1897.
L’année suivante, grâce aux relations de son frère, il fut chargé de faire de la prospection en Chine pour le compte de la Société belge de recherches minières. Il y fit un travail utile et, assagi, il pensait rentrer en Belgique lorsqu’il mourut d’une bronchopneumonie à la légation belge à Pékin. Sa dépouille mortelle fut ramenée à Morlanwelz et les funérailles, non moins solennelles que celles de son père, eurent lieu le 20 janvier 1900.
